• 19 05 89 La fête du Wesak - La pleine Lune

    La fête du Wesak
    la pleine lune

     

    Question : 

    Que penser, que dire de la fête du Wesak ?


    Je vous salue tous, non pas pour être venus écouter ma parole, vous recueillir autour de ma parole, je vous salue tous pour être venus saluer le phénomène qu’est la vie et la transmission de la vie.

    Lorsque quelqu’un parle, que ce soit une voix venue d’ailleurs, de plus haut, ou que ce soit une voix qui vienne de votre voisin, de votre ami, lorsque quelqu’un parle, il y a communication.
    Et il faut bien réfléchir à ce terme-là : communication.
    Il n’y a pas qu'échange de paroles, il y a aussi échange de la substance, qui a fait naître l’idée, qui a fait naître la parole. C’est sur ce point-là qu’il faut réfléchir et essayer de travailler. Je vais me servir de ce petit discours comme introduction à la question que vous me posez ce soir.
     

     
    Qu’est-ce que la communication ?
     
    Communiquer, ce n’est pas simplement échanger des idées. Pour cela, il suffirait de faire de la télépathie, de se regarder dans les yeux, de créer des formes d’argile, et de laisser les formes exprimer par leur couleur, leur volume, ce qu’il y avait à l’intérieur de l’individu au moment de la construction.

    Communiquer n’est pas simplement le fait de dire, d’affirmer quelque chose. Donc ce n’est pas un travail mental. Dans la communication que ce soit par la parole ou tout autre moyen, il y a un grand phénomène alchimique. Tous ceux qui s’intéressent à l’alchimie doivent absolument méditer, approfondir, essayer d’aller très à l’intérieur du sens de la communication. Car tout est communication, et pas simplement l’échange verbal que l’on connaît tellement dans la société actuelle.

    Communiquer, c’est donc transmettre une substance. Il y a des paroles, des échanges sur le plan verbal, sur le plan gestuel, qui ne sont en rien des communications. La société est pleine de ces échanges qui n’apportent absolument rien de positif et quelquefois tombent même dans le négatif.

    Toute la société échange, communique telle qu’elle le croit. Chacun a l’impression de se parler. Il suffit d’ouvrir la radio pour écouter les informations, les témoignages de quelqu’un et l’on croit ainsi que les communications, que les échanges sont devenus beaucoup plus faciles. On peut parler à son médecin, à son coiffeur, on peut se confier à l’époux, aux amis, au curé. On a l’impression que l’on peut énormément parler et que l’on parle beaucoup.
    Et pourtant, lorsque l’on analyse la vie qui a vraiment lieu dans la cellule familiale, dans le quartier, dans la ville, dans la civilisation actuelle, on s’aperçoit, qu’en fait, tout le monde parle et que personne n’écoute. Donc il n’y a pas véritablement de communication. Il y a simplement quelqu’un qui essaie de se faire entendre.
    Et c’est le drame de la société actuelle.

    Pour qu’il y ait véritablement communication, il faut qu’il y ait aussi quelque part une réception. Il ne peut pas y avoir communication s’il n’y a pas réception.
    Tout le monde dit tout à propos de n’importe quoi, et personne n’a véritablement l’impression d’être entendu, de rencontrer une ouverture par laquelle il va se glisser en l’autre, cet autre qui va donc l’accepter tel qu’il est et prendre quelques minutes de son temps pour véritablement s’intéresser à celui qui parle.

    Qu’est-ce donc que le cœur de la communication ?

    Le cœur de la communication, c’est cet endroit dans la vibration, dans l’espace, où celui qui dit et celui qui entend vont se rencontrer. Cela paraît assez bête de décrire ce processus, en tout cas sans aucune importance pour la spiritualité, mais c’est en négligeant des petits points, comme cela, que l’individu fait des efforts mal dirigés, et au lieu de développer sa spiritualité, il développe ses frustrations, ses incommunicabilités. Si bien que lorsqu’il veut communiquer avec Dieu ou avec un ange, avec les maîtres, il s’aperçoit qu’il n’est le point d’aucune réception.

    Si tu ne commences pas par écouter ton voisin, tu ne pourras pas entendre la voix de Dieu. Car c’est exactement la même oreille, c’est le même point qui servira de réception. Celui qui n’est pas le point d’une écoute, d’une capacité d’écoute, ne pourra pas plus entendre son voisin qu’entendre Dieu ou les Maîtres, ou la voix de son moi supérieur. Nommez le phénomène comme vous voulez.

    Pour en venir donc à la pleine Lune du Wesak, comme à toutes les pleines lunes, ainsi qu’aux solstices et aux équinoxes, à tous ces moments donc cruciaux, où des planètes jouent des rôles primordiaux face au soleil, ou le soleil joue un rôle primordial face à la terre et à l’homme, à tous ces moments, qui sont des portes ouvertes sur l’univers, sur des hiérarchies, ou sur des forces telluriques de la terre, il faut, avant tout, savoir écouter.

    Celui qui ne sait pas écouter ne pourra ni rencontrer le Maître, ni rencontrer sa propre âme, ni rencontrer son voisin. La capacité d’écoute est une attitude qui n’est pas simplement intérieure, c’est aussi un état qui caractérise la personnalité.

    Tout ce que vous voulez obtenir, que ce soit par l’intermédiaire de l’ésotérisme, de l’alchimie, de la méditation ou par l’intermédiaire de certains dogmes, vous ne l’obtiendrez que si une attitude réelle s’est installée en vous, et que si cette attitude est l’état même de votre personnalité. Tous les efforts que vous n’aurez pas faits pour obtenir cette attitude vont être autant de boulets qui vont vous empêcher de créer la communication.

    On ne peut pas arriver, depuis la vie de dehors, depuis la vie de sa personnalité encore trop imparfaite, s’asseoir, méditer et espérer communiquer, lire dans l’univers les grands arcanes. C’est impossible, car le travail qui va vous permettre de lire dans l’univers, de parler avec Dieu, une énergie ou une intelligence, ce n’est pas l’instant de la méditation, ce n’est pas l’instant de la pleine lune, ce n’est pas l’instant de Noël, de Pâques, du solstice. C’est complètement faux, l’instant n’y est pour rien. Il est là parce que telle est sa nature d’exister, comme le Christ est là, sur la terre, parce que c’est sa nature d’y demeurer.

    Est-ce que les hommes rencontrent le Christ pour autant ?
    Est-ce que l’humanité est plus spirituelle pour autant ? Non.


    Rien n’a lieu dans la mesure où l’individu choisit d’ignorer ce qui a déjà eu lieu malgré lui. Si la chose n’arrive pas, parce qu’elle n’a pas lieu pour lui, elle peut arriver aux autres, mais dans son petit univers à lui l’influence n’arrive pas.

    Ce qu’il faut donc comprendre pour espérer une communication, une communion, une osmose, avec quoi que ce soit, avec une entité, un plan, ou la lumière, c’est qu’il ne faut pas simplement faire la chose qu’il faut au moment X ou Y, il faut aussi, petit à petit, préparer toute la substance que vous représentez en tant qu’individu, et cette substance se prépare pendant des mois, voire des années.

    On ne peut pas, comme cela, dévisser sa tête de profane pour mettre dessus les épaules la tête spirituelle, et être spirituel. C’est impossible. On ne peut pas changer de tête. On doit être une tête, et cette tête va pouvoir faire plusieurs choses. Elle va pouvoir compter, quand il s’agit de gérer une entreprise, un métier. Elle va pouvoir analyser, quand il s’agit de penser, et elle va pouvoir communiquer quand il s’agit de s’ouvrir à la lumière. Le but des exercices, que ce soit à la pleine lune du Wesak ou à quoi que ce soit d’autre, est d’amener l’individu à son plein développement.

    Vous ne pouvez pas être monsieur ou madame X ou Y pendant huit heures de travail, puis le soir aller à des séminaires ou des rencontres et espérer être monsieur ou madame autre chose. Vous allez toujours être la même personne, parce que vous venez avec ce que vous êtes.

    La spiritualité ce n’est pas ce que vous imaginez, ce n’est pas ce que vous nourrissez à l’intérieur de vous, comme ambition, comme désir. La spiritualité c’est l’instant, non seulement présent, mais l’instant présent à tous moments. Il vous faut, dans tous les cas, dans toutes les circonstances, même si ces circonstances appartiennent au passé, être dans l’instant présent.

    Quelquefois, il faut retourner dans le passé, revivre certaines choses pour en éliminer la trace. Le passé revient toujours sur l’individu, il a fait sa marque, et demande toujours son tribut. Il faut qu’il ressorte pour devenir un instant présent dans la mesure où, ayant été mis dans la mémoire, il n’a pas eu l’occasion d’être un instant présent.

    Cela veut dire que tous les moments passés dans la mémoire sont des moments qui n’ont pas été vécus. L’individu a nourri un blocage ou une absence et il n’a pas pu vivre réellement l’instant. La conscience et tout le processus de l’évolution et du témoin qu’est l’âme, prend et loge l’instant dans la mémoire pour qu’il ressorte à un autre moment où il va pouvoir être pleinement expérimenté.

    Un individu qui vit donc constamment dans l’état et dans l’instant présent est un individu qui ne construit, ne nourrit et ne porte pas de mémoire. Ce qui ne veut pas dire que c’est un être sans mémoire. Non. Il se souvient parfaitement, peut-être mieux que tous les autres. Cependant l’instant ne l’a pas programmé, ne l’a pas incité à déterminer un comportement ou provoquer une réaction. Donc l’instant n’étant pas un conditionnement, l’individu ne se trouve pas préfabriqué.

    Celui qui est préfabriqué va, dans certaines circonstances se rapprochant de l’instant critique, se trouver en état de réaction. Les circonstances, comme une teinture qui ne s’en va pas, vont ressembler à la circonstance en question et, dès qu’elles arrivent, vont se trouver teintées de la même couleur. L’individu voyant la couleur se glisser devant ses yeux va réagir, de la même façon que vous réagissez à la couleur rouge aux feux de croisement. Si vous voyez la couleur verte, vous savez que vous pouvez passer.

    L’individu est non seulement une palette de couleurs qui va réagir, c’est aussi un réseau électrique qui va faire en sorte que la couleur puisse devenir active et se réaliser en tant qu’émotion, prise de position, idée, état d’âme, état d’esprit etc. Tout se joue sur le clavier qu’est l’être humain. Si ce clavier n’a pas encore décidé qui serait le pianiste, s’il n’y a pas de pianiste pour déterminer la musique et la jouer, c’est tout simplement l’environnement qui vient et qui tape. Cette réaction existe parce que, le clavier, qui est l’être avec tout son réseau de notes et de couleurs, a permis à une main invisible de venir frapper sur ses touches.

    Comment faire pour pouvoir, non seulement intégrer toutes les choses qui paraissent négatives autour de nous, mais pour, en plus, pouvoir jouer nous-mêmes notre propre musique ?
    Comment donner à l’homme la possibilité d’être le pianiste de son clavier tout en étant un individu qui continue à vivre sa vie avec les autres, dans le monde des autres ?


    C’est cela la pleine lune du Wesak. Ce n’est pas espérer la venue d’un Dieu qui a promis d’être là, à cette heure-ci, pour faire méditer, pour ouvrir les chakras, pour offrir une énergie, pour accélérer une évolution. Non.

    La communication, qu’elle soit faite vers un Bouddha, un Christ, un autre Dieu, ou vers un autre homme, ne commence pas en haut, elle commence en bas. Ce qui fait que les individus qui imaginent qu’au Wesak il va se passer des choses extraordinaires, qu’il faut essayer d’ouvrir les chakras, d’ouvrir son âme pour communiquer avec Dieu, pour communiquer avec le grand principe Bouddhique, sont à des millions de kilomètres de la réalité de la pleine lune.

    Qu’est-ce donc que la réalité ?

    Si pour entendre le haut, il faut commencer à entendre le bas, cela nécessite donc que l’on ait le sens de la réalité et que l’on connaisse ce qui est réel, afin de commencer à travailler sur le réel et non pas sur la projection, le rêve, l’imagination, ou les suppositions.

    Le réel c’est qu’il y a un homme et qu’il y a une communication possible avec l’objet avec lequel il veut communiquer. Il ne faut pas penser que l’objet avec lequel on veut communiquer soit profondément enfoncé dans des dimensions lointaines, comme une planète, un soleil, ou une galaxie. Les dimensions étant apparemment éloignées, sont en même temps extrêmement proches.

    L’homme est la synthèse de toutes ces vibrations. C’est ce qui permet à l’homme d’être instantanément en communication avec une autre dimension, que cette vibration soit véritablement à l’extérieur de lui ou à l’intérieur de lui, selon ce qu’il suppose. Rien n’est véritablement à l’extérieur de vous. Tout est, en fait, à l’intérieur de vous, au même endroit, sur le même point, sur la même ligne. Il n’y a pas là, à cet endroit-là, le plan physique, puis au-dessus, un peu plus loin, à cause du type vibratoire, le plan éthérique, puis, un petit peu plus haut, le plan astral et plus haut, le plan mental. Et ainsi on met Dieu et le soi suprême, l’âme de l’individu, en haut de la Tour de Babel.

    Et que se passe-t-il ?

    Puisque la Tour a été construite pour aller chercher la lumière en haut, il va falloir monter. C’est ce que l’homme imagine. C’est le processus qu’il crée dès qu’il pense que la lumière se trouve en haut, en haut de cette tour inaccessible.
    Qui dit imagination de ce type-là, c’est-à-dire création d’un éloignement, création d’un espace entre l’homme et sa puissance divine, dit automatiquement écroulement de l’homme.
    C’est ce que veut dire l’histoire de la tour de Babel.

    Cette tour n’a pas été détruite parce que les hommes, devenus si orgueilleux, avaient construit une tour pour approcher Dieu. Ce qui voudrait dire par là même, que pour toucher Dieu, il faut être la fourmi ou le tapis qui se plaque bien bas sur le sol, comme s’il était question de soumission absolue. Ce n’est pas à cause de l’orgueil que la tour est détruite, mais par contre, c’est à cause de l’orgueil que la tour est construite.

    Quand je parle de l’orgueil, je ne veux pas dire de la prétention humaine. Je parle simplement de cette fuite en avant que font les hommes quand ils ne savent pas, ou pas suffisamment, et qu’ils ne peuvent pas le supporter. Alors ils construisent, malgré tout, au lieu de s’arrêter, de reconnaître qu’ils ne peuvent pas aller plus loin pour l’instant.

    L’homme se dit : « Je dois comprendre jusqu’au bout. C’est capital pour mon travail, c’est capital pour ma crédibilité, pour mon passage, pour mon initiation. » L’homme croit qu’il doit se gaver de choses qu’il présume, et détermine que ces choses sont une connaissance.
    C’est faux. C’est cela la tour de Babel.

    La tour de Babel ce n’est pas l’homme orgueilleux qui essaie d’approcher Dieu, c’est l’homme malade, qui essaie, avec sa limite, de construire un entendement, une interprétation, une explication.

    Lorsque quelque chose ne vient pas vers vous, n’essayez pas d’aller vers la chose, ayez la sagesse d’attendre qu’elle vienne vers vous.

    En disant cela, je ne parle pas d’une attitude passive. Au contraire, il faut être combattant au moment où l’action est nécessaire et savoir être méditatif quand l’intériorisation est nécessaire. Parce qu’il y a des choses qui s’acquièrent par le combat, par l’extériorisation, par les gestes que l’on va faire pour s’approprier les énergies, le contrôle de soi-même, et il y a des choses que l’on va acquérir parce que l’on va arrêter tous mouvements et que l’on va se placer dans le centre pour recevoir.

    Il y a donc sur le chemin 50 % des choses que l’homme va conquérir par sa propre force, parce que tel est son devoir, et 50 % des choses que l’homme va obtenir par grâce. Parce que cette autre partie de la vérité doit venir d’en haut pour aller jusqu’en bas et ne doit pas être conçue, créée par l’homme. C’est le grand équilibre que doit découvrir le disciple.

    Quand il doit méditer pour la pleine lune du Wesak ou quoi que ce soit d’autre, il doit savoir aller à l’extérieur, être un conquérant, se battre contre les forces, parfois contre lui-même et sortir tout ce dont il est capable, et en même temps, à l’endroit de la limite, il doit savoir tout arrêter, tout suspendre et être à l’écoute. C’est par cette écoute qu’il va finalement contempler la chose pour laquelle il s’est battu jusqu’à ce point-là.

    C’est le grand équilibre que l’on trouve dans l’alchimie. Il y a de l’alchimie partout. Tout est en tout, dans une mesure différente, mais tout est en tout.
    Ce qui fait que vous allez retrouver de l’alchimie dans pratiquement tous les modes d’évolution. L’homme va devoir être un alchimiste s’il veut véritablement intégrer son âme et purifier l’endroit qui est son corps et son esprit, pour recevoir cette étincelle divine.

    Quand je parle de purification, vous devez savoir que dans mon esprit il n’y a qu’un synonyme : C’est l’équilibre.
    Je ne parle pas de purification pour employer le contraire du péché, de la salissure morale ou physique. Purification est synonyme d’équilibre. Purification est l’image de l’équilibre. Un être équilibré est quelqu’un qui va faire vivre en lui les deux types d’énergies qui le composent. Réfléchissez un instant à ce qui compose vibratoirement un être humain.
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    Tout le monde sait que l’homme est composé d’un courant d’énergie positive et d’un courant d’énergie négative, que ces deux courants s’entremêlent dans les chakras pour déterminer une énergie que l’on ne peut pas encore véritablement appeler, nommer, ou sentir, parce que c’est une énergie neutre.

    Le plus et le moins en se rencontrant dégagent le neutre, dégagent donc la lumière. La conquête de l’équilibre c’est, avant tout, de comprendre comment on est constitué ce qui est le fondement de l’équilibre. L’individu de bonne volonté qui essaie d’obtenir l’équilibre en combattant ses défauts et en cultivant des qualités, s’aperçoit soudain qu’il est submergé par une foule d’énergies contraires qui viennent l’agacer et le détrôner de sa bonne disposition. Ces énergies viennent vers la personne parce que cette personne ne sait pas se mettre dans l’endroit où véritablement le pouvoir est inscrit et où le pouvoir manipulateur peut s’exercer.

    Vous devez toujours vous trouver dans le centre. Vous n’avez à cultiver aucune qualité. Il est aussi stupide, inutile, bête et humiliant pour la sagesse de cultiver une qualité que d’exercer un défaut. Je vous l’assure. C’est un comportement stupide, idiot, enfantin, qui signe là, l’ignorance.

    Vous n’avez pas à cultiver des qualités. Avec des qualités l’homme est capable de faire autant de bêtises qu’avec des défauts. En étant bon, un individu peut devenir un véritable danger public, que ce soit pour le plan des Maîtres, pour lui-même ou sa propre famille.

    Qui vous a demandé d’être bons ?
    Qui vous a mis dans la tête que vous devez être bons ?
    Est-ce l’image de Jésus-Christ qui vous inspire ce comportement ?


    Je vous dis qu’en étant bons vous êtes à des années lumière de la véritable chrétienté. Car il ne s’agit pas d’être bon, il ne s’agit pas non plus d’être mauvais. Je ne favorise pas les défauts lorsque je vous dis cela. Je vous parle de l’endroit où le défaut et la qualité n’ont plus rien à voir avec la vie de l’être, ou l’attitude de l’être. Cet endroit c’est votre divinité. Dans la divinité il n’y a pas plus de qualité que de défaut.

    Lorsque l’on parle de positif ou de négatif, on parle d’énergies, de courants vibratoires, et lorsque l’on marie ces deux courants, on s’aperçoit qu’ils ne sont pas face à face et qu’ils ne sont pas contraires, mais qu’ils dégagent un état, un troisième aspect, qui est la lumière.

    Il faut donc que l’homme comprenne qu’il est avant tout cette lumière, ces étincelles dispersées dans les chakras. Il faut qu’il imagine que la principale étincelle, étant le point de repère le plus absolu de son âme, se situe au chakra coronal, et que depuis ce centre, il développe deux énergies, une positive, une négative. Qu’il doit équilibrer ces énergies, apprendre à les extérioriser, à les peser, à les manifester, à se maintenir toujours dans le neutre et ne pas basculer un coup à gauche, un coup à droite.
    Tout ce que l’on appelle le développement humain, l’évolution humaine, l’alignement humain, ce n’est que cela.

    Il s’agit donc, pour la conscience, de trouver l’endroit exact de son habitation, c’est-à-dire le milieu, l’axe, et avec ses énergies positives et négatives, étendre et manipuler sa vie, son destin, ou le plan qui s’exprime à travers l’être.
    Il y a un état d’être. Cet état d’être ce n’est pas un résumé de tout ce qui paraît être bon.
    Dieu n’est pas bon. Ceux qui s’imaginent que Dieu est bon, sont des enfants qui ignorent complètement les principes de base de la vie et du rayonnement de la vie.

    Dans l’univers il n’y a aucun principe. Aucune entité, aucun ange qui se soucie de ce qui est bon. Le point de vue qui permet de juger ce qui est bon est une affaire humaine et pas du tout une affaire angélique ou divine. Il n’y a que l’homme qui s’embarrasse de ce qui est bon et ce qui est ne l’est pas. Il discute énormément, il battit une Église au nom de ce qui est bon, et avec son drapeau, il va tuer celui qui, d’après lui, n’est pas bon. Et il le juge, et il le critique, et il défait sa Mosquée, sa Synagogue, son Église ou sa Secte et se dit « Ce n’est pas bon ».

    Au nom de ce qui est bon, pour favoriser ce qui est bon, l’homme devient mauvais, extrêmement mauvais, pire que le diable en personne, pire que l’antéchrist. Et ceux qui essaient de matérialiser le nouveau monde, ceux qui essaient de parler du nouveau monde sont des êtres qui travaillent à l’encontre du nouveau monde. Ce ne sont pas les meilleurs, ce sont les pires. Et je voudrais que vous cessiez de parler du nouveau monde. Ça suffit.

    Partout ou l’on se retourne pour écouter les méditations, pour écouter les conversations des hommes, on n’entend que cela, comme on entendrait un refrain à la mode : le nouveau monde, l’ère du verseau, fin de l’ère des poissons, les énergies, le Tibétain, la société théosophique, renouvellement de la maçonnerie, ou quoi que ce soit d’autre. On entend parler, on entend jacasser, on entend projeter.

    Ce ne sont que projections d’âmes malades et d’esprits qui ne connaissent pas ce qui est vrai, parce qu’ils ne sont pas dans le centre.
    Le nouveau monde n’a aucune importance. Qu’est ce que cela peut faire qu’il y ait le nouveau monde, je vous le demande ?

    Vous ne le connaîtrez pas. Il n’existera pas pour vous puisque vous en parlez, puisque vous le situez ailleurs, demain, hors de vous, comme étant l’œuvre prochaine, comme étant l’affaire des autres, de ceux qui viendront, comme étant l’âge que connaîtront vos enfants, ou vos petits enfants.

    Si vous mettez le nouveau monde là-bas, après la venue du second Messie, non seulement vous ne connaîtrez pas le nouveau monde, mais vous n’appartenez même pas à ce monde que vous dites ancien. Vous ne vivez pas, vous n’appartenez à rien du tout, sinon qu’à votre folie, à votre rêve, à vos projections, à vos fantasmes.

    La nature de l’esprit est de contempler. Puisque l’homme ne peut pas contempler la vérité, il va se construire une image qu’il va pouvoir contempler. L’homme imagine la venue du Messie ou la venue des nouveaux serviteurs du monde qui viendront sauver la terre, sauver les malades, installer une politique extraordinaire, un monde où l’on se partagera les biens, les biens spirituels, comme s’il s’agissait de mettre quelque chose sur la table et de le partager, comme un gâteau, pour que chacun ait sa part.

    La spiritualité ne se partage pas.
    Jésus-Christ est sur terre, Bouddha y a laissé aussi son empreinte, car il n’est pas loin de la terre, il est dans l’aura toute proche, si bien qu’on peut dire qu’il est sur terre. Des Maîtres, des initiés sont sur terre, dans vos cités, et est-ce que vous avez l’impression d’être plus protégés, d’être plus environnés de divinité, de spiritualité, d’être veillés par les Maîtres, de les connaître, de les rencontrer. Non. Vous vous sentez seul, refoulé, perdu dans une jungle de non-sens, où l’on rencontre autant de faux gourous que de gourous.

    Si donc vous vous sentez dans un tel état, c’est parce que même présente, la spiritualité ne se partage pas. Aucun Dieu ne peut venir, se montrer, et par sa présence ou par son toucher, vous rendre divin. C’est impossible. Celui qui imagine ce processus comme étant juste, commet là, un acte de désespoir, et je le comprends profondément, je veux le soutenir.

    Si tu crois au nouveau monde, c’est que tu es désespéré. Je le sais très bien, ne me mens pas. Je connais ton âme, j’en connais les recoins, je connais tes crises, je connais tes humiliations. Je sais très bien que tu ne crois pas en moi. Regarde-moi quand je te le dis. Tu n’as jamais cru en moi. Tu ne me croiras jamais. Et tu te moques complètement du nouveau monde, car tu te moques bien que ton voisin meure.

    Si tu avais vraiment envie d’un nouveau monde tu te soucierais de sa vie, de la survie de ton voisin, mais tu te moques qu’il meure, qu’il soit cancéreux, qu’il soit déformé, qu’il aille se suicider demain, ou que des inondations passent quelque part et emportent toutes les âmes, ou qu’il y ait de grands feux et que tout le monde soit brûlé. Tu te dis même, fort de ta connaissance, tant mieux, c’est la terre qui se réveille, c’est la terre qui purge le mal, qui enlève les mauvaises âmes, les mauvaises vibrations. C’est bien.

    Et quand toi tu t’écries que c’est bien, moi j’ai envie de te dire que c’est toi qui es mauvais. C’est à cause de toi qu’ils sont en train de mourir. La cause n’est pas ce qu’ils sont, car eux, ils sont en toute innocence, mais toi tu les juges. C’est toi le coupable. C’est toi qui les mets à mort, qui tues leur âme et leur esprit.

    Alors, si tu veux véritablement, non seulement concevoir le nouveau monde, mais dans une petite part de toi-même commencer à en être digne, aime ton frère. Aime celui qui est difforme, celui qui est diabolique, celui qui ne paraît être qu’une larve astrale. Aime celui qui commet le crime ou le péché comme vous dites. Aime celui qui est à l’encontre du nouveau monde, car c’est en l’aimant que tu vas créer le nouveau monde, ce n’est pas en te réjouissant chaque fois qu’un torrent va emporter une de ces âmes noires et velues.

    Tu vas créer le nouveau monde au moment où tu vas sauter dans le torrent avec cette âme et dans la tourmente, tu vas lui dire : « Tu peux ne pas mourir, car le torrent qui t’emporte, vois-tu, n’est pas un torrent de mort. C’est un torrent de vie, mais d’une vie tellement forte que tu n’as pas su voguer sur son courant, et faire le nécessaire pour que cette eau passe à travers toi, te purifie et te grandisse. Alors apparemment le courant est en train de t’emporter et le rocher qui n’est pas loin va te déchiqueter. Mais si tu m’écoutes, je pourrais te dire non seulement comment suivre le courant, mais en plus, comment sautiller sur les rochers de façon à ce qu’ils soient des marches pour ton ascension et non pas des lieux de mort. »

    Toi qui crois dans le nouveau monde, si tu crois que le courant ne va pas t’emporter, tu te trompes. Le torrent va passer sur tout le monde. Seulement il y aura ceux qui savent nager et ceux qui ne savent pas.

    Les énergies que l’on dit venir à l’heure actuelle pour changer, bouleverser, purifier et préparer le nouveau monde, ces énergies-là ne sont pas des énergies de mort. Ce sont des énergies de vie, car tout est vie dans l’univers. Il est impossible d’imaginer une seule seconde qu’une énergie de mort ou de châtiment se déverse sur la terre.
    Il faut être logique avec la science, et si vous réfléchissez par la logique, vous éviterez de nombreuses erreurs.

    Il n’y a aucune énergie de destruction dans l’univers. Il n’y a que des énergies de vie. Seulement l’énergie de vie est parfois tellement forte, elle régénère tellement puissamment, que dans la traînée, elle peut ressembler à une énergie de mort. Une formidable énergie de vie est envoyée sur la planète et pour certains cela devient une énergie de mort, parce qu’ils ne sont pas habitués à recevoir la vie de cette façon et à être la vie.

    C’est pour cela qu’il ne faut pas penser que Dieu est en train de régler ses comptes avec l’humanité et qu’afin de bien rentrer tranquillement dans le nouveau monde, les belles âmes élues viennent contempler, dans l’arène, les vilaines âmes se faire déchiqueter par les énergies.

    Et ces énergies seraient envoyées par qui ?
    Par un grand Néron que l’on appelle Dieu ?


    Si Dieu agissait de la sorte, si les Maîtres agissaient de la sorte, oseriez-vous encore longtemps l’appeler Dieu. Oseriez-vous encore longtemps l’aimer, le louer, le trouver divin, lui vouer votre vie entière, lui remettre votre âme, votre éternité.

    Mais si l’on me parlait d’un tel Dieu, je serais contre lui et essaierais par tous les moyens de le détruire. Lorsque vous pensez de cette façon, vous pensez comme un superstitieux qui veut se mettre du côté de Dieu, et qui, pour satisfaire Dieu, ferait le sacrifice d’une brebis, d’un agneau, d’un veau. « Pour rentrer dans le nouveau monde, pour que le nouveau monde soit fidèle aux critères divins, sacrifions les âmes noires comme on sacrifie l’agneau, le veau, la colombe. »

    Voyez à quel point, dans votre pensée, se glissent des archaïsmes, des superstitions qui vous rendent aussi primaires que les gens des tribus anciennes. Vous n’avez pas à imaginer que des hommes vont mourir, ou que vous risquez de mourir, ou de ne pas appartenir au nouveau monde. Le nouveau monde est déjà là, il a toujours été là. Il n’est pas quelque part dans l’astrologie cosmique et planétaire. Le nouveau monde ce n’est pas la nouvelle ère qui va venir. Le nouveau monde ne sera pas plus là, qu’il n’est ailleurs. Le nouveau monde est en vous ou il n’est pas.

    Quand vous voulez parler du nouveau monde, écoutez simplement ce qu’a dit Jésus lorsqu’il parlait du Royaume, car en fait c’est de cela qu’il s’agit. Seulement dans son esprit l’homme mélange tout. Il mélange les ères, avec ses propres désirs, avec sa propre quête. Il se dit :
    « Le Dieu que je veux rencontrer, la paix dont je rêve, le bonheur dont j’ai envie qui est un bonheur divin, seront là dans le nouveau monde dans l’ère du Verseau. » C’est faux.

    Il n’existera rien, je vous le dis. Il n’existera rien du tout.
    La nouvelle ère sera une nouvelle ère parce qu’on y fera des choses différentes, parce que l’homme sera peut-être un peu plus proche de son frère, communiquera un petit peu mieux avec les énergies et commencera véritablement une phase d’éthérisation de la terre. Mais cela ne veut pas dire que les guerres vont cesser, que l’homme sera fondamentalement bon, que l’amour va régner et que l’on sera plus près de Dieu. C’est faux.

    La quête est une chose, la nouvelle ère en est une autre.
    Maintenant rien ne vous empêche de projeter des espoirs de paix pour la nouvelle ère, des espoirs d’amour, de lumière. Faites-le, je vous le demande, mais faites-le à partir de votre intelligence, dans un acte conscient et non pas dans une confusion, dans un éparpillement confus, dans une projection de tout ce que vous savez et qui ne concerne que vous, c'est-à-dire votre propre évolution, votre propre quête.

    La nouvelle ère est ici et maintenant, et cette nouvelle ère vous concerne personnellement. Vous êtes déjà dans le nouveau monde si vous êtes du nouveau monde. Être du nouveau monde ce n’est pas simplement vivre dans l’ère qui va venir, c’est être, avant tout, du Royaume et venir au nom du Royaume et pour le Royaume. Ceci est plus important que toutes les ères qui vont venir, le Verseau, et bien après le Verseau.

    Pourquoi vous amuser à gagner quelques francs alors que vous avez toute la richesse en vous ? Pourquoi vous efforcez-vous de façon malhabile à construire le nouveau monde et à persuader les autres de participer à cette construction ? Il n’y aura aucun nouveau monde si, avant tout, vous ne représentez pas et n’êtes pas le royaume.

    Le nouveau monde c’est donc l’articulation technique de la vie de la planète. Cela ne correspond pas à des phases de votre vie intérieure. Votre vie intérieure vous appartiendra toujours en propre et ne dépendra jamais de la vie qui se passe à l’extérieur, que ce soit l’ère du Verseau ou quoi que ce soit d’autre. Par contre, une fois que vous êtes du Royaume vous pouvez participer à la construction du nouveau monde. Et là, vous serez utile, parce que vous aurez les idées justes, les idées qu’il faut, les idées d’équilibre, les idées réelles, construites sur des fondations solides. Des idées d’airain et pas des idées de rêve, de projections, de suppositions ou de désespoir.

    Un homme qui sait ce qu’est le Royaume et ce que sont les âges de la terre, ne connaît jamais de désespoir. Il sait que les âges qui se suivent, développent par-ci par-là des tendances techniques, astrales, mentales, philosophiques ou dévotionnelles, qui ne sont que des articulations, que des couleurs, des moments, des expressions nécessaires à certaines âmes pour aller plus loin, pour les amener à se poser, en fait, la seule et véritable question, celle de la quête.

    C’est pourquoi il ne faut pas tout axer sur le nouveau monde, mais rester très essentiel et avant tout, penser au Royaume et parler du royaume. Même si vous ne parlez jamais du nouveau monde, du moment que vous parlez du Royaume et que vous suscitez le Royaume aux autres, le nouveau monde aura lieu. Et il aura lieu, par endroits, immédiatement. Et lorsque l’on mettra bout à bout ces petits bouts de Royaume que sont les hommes, on s’apercevra que toute une nation est devenue le Royaume, puis tout un continent et que la terre enfin est le Royaume.

    Pourquoi bâtir le nouveau monde, pourquoi bâtir l’ère du Verseau alors que l’on peut bâtir le Royaume ? Je vous le demande ?

    Pourquoi essayer de faire des exercices pour développer des sensibilités psychiques, la clairvoyance ou des dons divers, alors que vous pouvez être Dieu avant tout. L’homme se fatigue à gagner sa vie, gagner sa spiritualité, gagner des pouvoirs, gagner quelques sous, ignorant qu’il est très riche, et il y met de la sueur, de la souffrance, de l’espoir et du désespoir. Et lorsque nous le regardons et que nous contemplons sa douleur, nous ne savons que faire pour véritablement l’aider.

    La vérité pour ce fils héritier du père, ce n’est pas de développer telle ou telle chose, ce n’est pas de gagner dix francs, c’est d’accepter de rentrer dans la maison du Père. C’est accepter d’aller à l’endroit du bassin, de se laver, de se vêtir comme est vêtu le Père et d’aller voir le Père. Et lorsqu’on le rencontre, on s’aperçoit qu’il n’est pas le Père, mais qu’il est celui qui a toujours été l’homme, l’homme allant péniblement gagner sa vie et son ciel par ses efforts. Il n’a jamais été un Père, un Dieu au-dessus de l’homme. Il a toujours été cet homme, mais cette part de l’homme qui ne change pas, qui est toujours elle-même et qui est la lumière. Alors, l’homme rencontrant le Père ne comprend plus car il ne voit rien. Il ne voit que lui, lui-même en tant que Dieu. Et pendant un moment cet être est perdu.

    On lui avait tellement dit que Dieu existait, on lui avait même décrit Dieu. L’homme se prépare et il veut voir le créateur, il l’attend et avec surprise et consternation, dans le temple, il ne perçoit que du silence.
    Il s’inquiète, il se dit : 
    « Tiens est-ce que Dieu ne serait pas là où je l’attends, Dieu n’existerait-il pas ? M’aurait-on trompé, m’aurait-on raconté toutes ces histoires, juste pour me faire arriver à ce point-là, pour me rendre fou, pour me faire crier de désespoir et me faire sentir que peut-être le paradis est pire que l’enfer, puisqu’il n’y a rien. »

    Pour le Maître et le collège d’aides invisibles qui assistent le disciple à ce moment-là, le travail n’est pas facile. Ils ne doivent pas laisser soupçonner leur présence, même par amour. Le silence doit être le plus complet, le plus absolu, parce que le disciple, qui est arrivé jusqu’à cet endroit de la vérité et de la révélation, doit comprendre. Un seul bruit de la part des Maîtres, une seule image, et tout est cassé, tout est fini. Le disciple ne comprendra pas et il va aimer l’image, comme le caneton prend pour père et mère la première chose mouvante qu’il voit.

    Alors le Maître et tous les anges se taisent. Ils attendent que le disciple ait compris. Plongé au plus profond du désespoir le disciple attend un geste, attend un bruit. Et, croyant presque qu’il va mourir, désespérément, il ouvre tout ce qui, en lui, peut entendre, peut écouter, peut ressentir. Et aucun écho ne parvient. C’est la folie et son désespoir devient encore plus grand. Le Maître ne bouge pas, il sait que la révélation est à ce prix et qu’après viendra un plus grand bonheur.

    Lorsque fatigué, enfin, le disciple abandonne l’écoute, au moment où il commence à s’abandonner, au moment où tout se relâche en lui, où tout s’abandonne, où plus rien n’est donc créé, plus aucune projection, plus aucun désir, plus aucune idée, plus aucun espoir, il se sent glisser doucement, emporté sur le trône. Et alors qu’il lui semble commencer à s’endormir, il regarde autour de lui et voit que les choses se transforment et, comme des rideaux que l’on tire, le palais apparaît, les lumières brillent, des sons commencent enfin à se faire entendre, et tout le monde vient voir celui qui est né, car c’est une naissance.

    Soudain il voit tout le peuple qu’il imaginait, qu’il essayait en tout cas d’imaginer, grâce à ses livres, grâce à ses rêves, il voit tout ce peuple d’anges, d’aides invisibles, de Maîtres, tous ces êtres qui aiment et qui soutiennent la lumière. Alors l’homme rit et il comprend : 

    « J’ai compris. Maintenant je sais. Je ne cherchais rien, je n’avais rien à conquérir, je n’avais rien à aller chercher, je n’avais personne à rencontrer. Tout est la vie, et cette vie qui est en moi, est exactement la même que celle que l’on appelle Dieu. Il me fallait simplement apprendre à rire. Et rire, rire de toutes ces métamorphoses négatives qui m’ont fait être un jour un homme, un chercheur d’or, un occultiste, un alchimiste, un ésotériste, un yogi, un méditant, un moine, un père de famille, une mère de famille, un suicidé, un malheureux ou un heureux. Mais pourquoi est-ce que j’ai cru à toutes ces métamorphoses alors que pendant des milliers d’années je n’ai pas cessé d’être ce que je suis, le principe de la vie, le Roi de l’univers. Comment ai-je pu croire à ces chimères. » 

    Tout est rire.

    Lorsque l’on regarde la vie et que l’on commence à comprendre ce qu’est véritablement l’énergie de la vie, la nature de la vie, tout est rire et l’on rit de tout. Je veux vous prouver à quel point tout est rire, en vous démontrant que pour vous tout est pleurs, larmes.

    Vous avez mal, vous pleurez. Vous êtes déçus, vous pleurez. Vous allez mourir, vous pleurez. Un autre que vous aimez est mort, vous pleurez. Donc si votre vie est tellement une expression de larmes, si votre vie est une grande larme, c’est que la vérité est forcément le rire, le sourire.


    En parlant de ce sourire, je n’évoque pas l’insouciance, le désintérêt. Je parle du sourire du sage qui sait ce qu’est la chose et qui voit la chose essayer de le charmer, comme un serpent charme sa proie. Le sage regarde la chose s’agiter, regarde son manège et lui dit :
    « Qui essaies-tu de charmer ? Moi, qui suis la lumière ? Tu n’es qu’une ombre et tu me fais rire. »

    Il prend le monde non plus comme le lieu des épreuves, le lieu des moments initiatiques, le lieu du péché et de la purification, mais comme une grande agitation d’illusions enfantines, qui essaie d’accaparer, de séduire, d’emprisonner l’homme, comme un enfant essaie de vous entraîner dans son jeu enfantin. Si vous vous amusez avec l’enfant, ce n’est que pour rire en mimant les personnages. Lorsque vous vous libérez de vos personnages, vous vous retrouvez tel que vous êtes et vous vous aimez vraiment.

    Celui qui veut véritablement concevoir la spiritualité et travailler à la spiritualité doit commencer par analyser ce que je viens de dire. Sinon, il ne pourra jamais se retirer hors du jeu des contraires, du blanc du noir, du bien du mal. Que vous soyez un jour noir ou que vous le combattiez un autre jour, il est toujours là, et vous passez du noir au blanc.

    Si l’on ne peut pas se mettre au-delà du bien, du mal, je préfère bien sûr que l’homme se positionne au moins dans le bien, mais se positionner dans le bien ce n’est pas encore la vérité. Le bien et le mal existent, je ne renie pas la chose, mais ils n’existent pas des principes de bien et de mal qui auraient été posés là par Dieu, pour voir comment le petit rejeton, nommé homme, allait finalement s’en sortir.

    Si l’évolution, si l’univers reposait sur ce principe, je serais le premier à donner un coup de poing immense sur la table de la galaxie pour que tout s’écroule. Car le jeu serait complètement faux, stupide, aberrant, ignoble.

    Le bien et le mal ont apparemment une existence, parce que le jeu de ces ombres et de ces lumières a réussi à séduire l’homme. Si bien qu’un jour l’homme est séduit par les ombres, puis un autre jour l’homme est séduit par les lumières et il ne sait plus très bien où est la vérité.

    Ce n’est que, lorsqu’il est passé par la souffrance, par le karma, que l’homme va vers la lumière, et il s’aperçoit alors, que lorsqu’il va vers la lumière, il n’arrive pas à se défaire de l’ombre , parce que le monde est comme il est.

    Ce n’est pas parce que vous aimez Dieu, que vous croyez en Dieu, que vous le priez, que vous méditez, que vous n’allez pas être demain victime d’une action négative, qu’il ne va pas y avoir un assassin qui entrera chez vous pour vous tuer, un voleur pour vous voler, un violeur pour vous violer. Ce n’est pas pour autant que demain, dans la circulation, un fou ne viendra pas percuter votre voiture, tuant votre enfant, votre mari, votre épouse ou vous-même. Ce n’est donc pas parce que vous êtes dans la lumière que le mal va cesser d’exister. C’est ce que le disciple doit comprendre s’il veut enfin véritablement comprendre le monde, se comprendre lui-même et être un agent d’intervention intéressant pour le développement du monde.

    Ce n’est pas parce que vous parlez de Dieu que tout le monde va vous écouter. Ce n’est pas parce que vous parlez de Dieu et au nom de Dieu que tout va se préparer autour de vous pour vous accueillir, pour écouter votre parole, pour recueillir la parole et en faire des fruits utiles. Ce n’est pas pour autant que l’on va vous aimer, que l’on va vous louer. Au contraire. On va vous tuer. On va tout vous prendre. On cherchera les points incompréhensibles pour en faire des points obscurs et faire de la médisance. Plus vous représenterez la lumière et plus le mal va exister.

    Il y a quelque chose qui est au-delà de la lumière.

    On parle de Dieu comme étant la lumière, ainsi tout le monde comprend ce que l’on dit. Cependant c’est faux.

    Quand la lumière existe, le phénoménal existe déjà. Dès que la lumière sort de Dieu, il y a automatiquement création des contraires. Donc la lumière n’est pas la divinité. La lumière est une matrice dans laquelle la vie va avoir lieu. Il y a la lumière cosmique, qui sert à créer des galaxies, et si l’on se rapproche d’une planète, il y a la lumière astrale, celle qui sert à créer les règnes de la planète et à maintenir le manteau de vie de ces différents règnes, dont votre corps astral.

    Si ces énergies sont mal captées, mal interprétées, mal distribuées, alors on dit qu’elles sont émotionnelles et ainsi, on dit que le corps astral est le corps de l’émotion. C’est vrai en apparence, mais c’est faux en réalité. C’est vrai en apparence si l’on se contente de regarder les effets de la mauvaise interprétation des énergies que font les hommes. Mais si l’on regarde fondamentalement, le corps astral c’est tout simplement un corps de vie et de vitalité. Sans votre corps astral vous ne seriez même pas vivants. Sans astral il n’y aurait pas de création.

    L’astral c’est la matrice. Pour faire tout rituel, que ce soit un rituel individuel ou collectif, il faut commencer par imprimer dans l’astral des énergies et ordonner à ces énergies de construire des formes, qui plus tard émettront des couleurs, des sons. Parce que si l’on ne fait pas cette construction dans l’astral, le rituel ne peut pas être vivant.

    Tout ce qui est à base de rituel ne peut pas exister sans qu’il y ait matrice dans l’astral, c'est-à-dire un égrégore. Si donc l’astral est un endroit de précréation, pour que sur le plan physique il y ait création et évidence de la création, c’est que le plan astral n’est pas fondamentalement, ni véritablement le plan de l’émotion.

    Par contre, ces énergies créatrices passant à travers l’homme, à travers ses différents chakras, puis les différents pétales, selon comment vibrent ces pétales, selon comment le chakra ondule, cette énergie de création va donner lieu à un tempérament. Et lorsqu’un homme va recevoir l’énergie du pouvoir, qui vient du centre de la terre et d’autres constellations, s’il ne s’est pas dégagé de la périphérie noire ou blanche pour se mettre dans le milieu parfait, il va vivre cette énergie du pouvoir comme la grande capacité de se mettre et de faire subir la colère.

    Lorsque l’homme va réceptionner une autre énergie un peu plus créatrice, prenons deux rayons, le troisième et le septième qui sont vraiment des rayons de création et d’acte de création, si l’homme ne s’est pas mis dans le centre, s’il ne s’est pas dégagé du jeu des contraires, il va devenir puissamment sexuel et il va procréer, même si dans son esprit objectif il s’agit d’éprouver du plaisir et de la satisfaction physique ou sensorielle. C'est quand même la procréation, l’instinct de procréation qui est la base même de la pulsion. Il ne pourrait pas y avoir d’accouplement s’il n’y avait pas la loi de la procréation. Le problème n’est pas le sexe, n’est pas la jouissance, n’est pas d’être pourvu de sens.

    Le disciple imagine un monde où Dieu aurait eu l’idée vicieuse de pourvoir l’homme de plusieurs sens, de lui donner la capacité de pouvoir jouir de ses sens et de lui dire :

    « Tu vois, j’ai envie de m’amuser. Je t’ai donné des sens, mais si tu veux la vie éternelle, si tu veux me connaître, moi le Dieu des hommes, tu ne devras pas exercer tes sens. Comme nous allons nous amuser toi et moi pendant des millénaires, parce que tu vas entrer dans tes sens et t’y vautrer comme un cochon que tu es. Parce que tu es cochon n’est-ce pas ?

    D’ailleurs je t’ai fait cochon. »

    Alors si l’homme avait un peu de bon sens, tout cochon qu’il est, il dirait à Dieu :
    « Il paraît que tu m’as fait à ta ressemblance. »

    Vous voyez que tout peut être détruit, non pas par la sagesse, mais par la logique d’un enfant. C’est pourquoi Jésus a dit : « Redevenez simples comme des enfants. » Si vous arrivez à retrouver la logique qui est la pureté d’un enfant, vous arriverez à démonter tout ce qui se construit, en vous, d’illusoire, d’archaïque, de superstition et de faux. Vous arriverez à vous dire : « Cela ne me semble pas vrai. »

    Donc il n’est pas question d’imaginer des sens qui ont été créés pour piéger l’homme ou pour représenter des moments initiatiques dans la vie de l’homme. Je vous le dis, il n’existe aucune initiation, et je peux vous en parler puisque je les ai vécues, et pour y être passé je sais combien j’en ai ri.

    Le moment d’humour de toute vie, c’est, lorsqu’arrivé au bout du chemin, on s’aperçoit que toute la cuisine et toutes les épices : méditations, yoga, visualisations, énergies, chakras, Maîtres, prières, dogmes, églises, initiations, etc., sont inexistantes à l’endroit où l’on vient chercher la vérité.

    Mais l’homme, pour qu’il avance, est fait de telle manière, que nous sommes obligés de lui laisser l’imagination fertile, le rêve fertile, la projection facile. Les initiations, les plans, l’état de la personnalité, de l’âme, de la monade, du moi suprême, l’énergie de la terre, du ciel, des étoiles, je ne te dis pas que toutes ces choses n’existent pas. Mais, comme je suis un vrai sage, je te dis que tout ceci est faux, que c’est une erreur, un mensonge nécessaire. 


    Sans cette erreur, sans ce mensonge, sans ce rêve, tu ne serais pas sorti de ton œuf, de ton cocon. Alors on t’a dit, on t’a expliqué de nombreuses choses et ces choses ne sont pas fausses en elles-mêmes, mais c’est tout ce que tu as pu imaginer et interpréter à propos de ce que l’on t’a dit qui est faux.



    Tu veux Dieu à la pleine lune du Wesak, chaque matin où tu te réveilles, tu veux Dieu partout, tout le temps. Alors, je te le dis, tu n’as pas besoin de le chercher, tu n’as pas besoin de le prier, de le supplier. Si tu savais la vérité, tu comprendrais que non seulement il est ici et maintenant, mais qu’en plus il te fait la plus grande farce du monde qui est d’être toi et de ne pas t’en apercevoir. Dieu est un homme. Tu es Dieu et tu es l’homme. Dieu est un homme, comprends bien cela. Il n’y a pas toi l’homme, et toi Dieu un jour plus tard. Dieu est humain en toi. Il n’y a pas un Dieu en haut intact et un homme en bas tout crasseux. Dieu est homme.

    Que faire maintenant avec cette divinité ?


    Si l’on admet que Dieu est l’homme, que c’est donc Dieu qui va aller tuer son voisin, aller voler une banque, faire des orgies sexuelles, aller se goinfrer de pâtes, de volailles, de truffes, de sauces, de crèmes, si l’on admet que c’est Dieu qui va faire toutes ces choses, comment concevoir la spiritualité, la vie elle-même ?

    Dieu est un goinfre, Dieu est un violeur, un obsédé sexuel, un assassin, dans la mesure où Dieu est toute innocence. Et lorsqu’il est descendu et qu’il a vu ce jeu entre les ombres et les lumières comme un enfant il a dit :
    « Oh ! C’est beau, ça bouge. Qu’est ce que c’est ; Je vais voir. Je touche. »
    Et à l’instant où il a touché, il est devenu ce qu’il a touché.

    Quand il a touché le mal, il est devenu le mal. Quand il a enfin touché le bien il est devenu le bien, mais il n’était pas Dieu. Pour être Dieu, il faut être pur, donc être au-delà du bien et du mal, au-delà de la dualité.
    Quand tu es face à une énigme, à une parole, n’essaie pas de la comprendre. Cherche le mot important et médite dessus.
    Je t’ai dit Dieu est toute innocence.

    Qu’est-ce que je veux dire par là ?

    Dieu est toute innocence, parce qu’il est cette unité qui n’a pas de préférence pour le bien ou pour le mal.
    Je vois déjà des esprits prêts à interpréter et me dire que s’il est le créateur, c’est forcément lui qui a créé le bien et le mal.
    Le problème ce n’est pas de comprendre pourquoi Dieu a créé le bien et le mal, le noir et le blanc, la dualité, le problème est de savoir pourquoi, toi, tu crois que le bien et le mal sont le bien et le mal. Si tu arrives à comprendre cette chose, tu arriveras à penser comme un Dieu et à être Dieu.

    J’ai dit que le bien et le mal n’existaient pas, qu’il existait des énergies positives, des énergies négatives et que la vie, depuis le centre, jouait avec ces deux énergies pour que la forme soit. C’est complètement différent. Cela ne veut pas dire que le bien et le mal existent comme principe divin et en Dieu.

    Cela veut dire que pour créer le monde, pour créer les plans les plus bas, comme les plans les plus subtils, à partir d’où les dimensions sont créées, il faut qu’il y ait une friction. Une forme même éthérée, très subtile, ne peut pas exister sans friction, c’est impossible, et la race suit exactement ce même processus. Pour que la vie soit sur la terre, la race un jour a dû se séparer en deux sexes opposés.

    Pourquoi les deux sexes opposés ?

    Réfléchissez. Et ne vous laissez pas remplir la tête par tous les dialogues imbéciles de tous ceux qui croient à la dualité, que s’il existe le masculin et le féminin c’est encore un coup du bon Dieu, c’est encore une épreuve initiatique.

    Si Dieu vous aime, s’il veut tant vous apporter le bonheur et le paradis sur la terre, il aurait pu immédiatement vous faire androgyne, vous laisser androgyne. Plus de problème de sexe, qui est la grande pierre d’achoppement pour les disciples, c’est du moins ce qu’ils croient.

    Le couple existe parce que la race est quelque chose de physique, de concret, qui appartient au plan physique. La race est donc une forme et dans sa création et la maintenance de sa création elle doit obéir à la même loi que celle qui a créé l’univers lui-même.

    Quelle est cette loi ? La loi, c’est que le “un”, quand il veut créer ou lorsque la création sort de lui, doit se séparer en deux, pour créer une friction et de cette friction, l’univers a lieu.

    C’est pourquoi le monde a l’air si contradictoire. Regardez les éléments, ils sont incompréhensibles, tout paraît contradictoire. Le monde est une grande contradiction, tellement évidente, qu’elle paraît du plus mauvais goût. Même dans la mer il y a les contraires, on y trouve le gentil dauphin et le méchant requin. Tout est contradictoire. Vous avez une main droite et une main gauche, de la bonne humeur et de la mauvaise humeur, de l’amour et de la haine, la vie et la mort. Si vous vous arrêtez à ces contradictions, vous ne pouvez pas comprendre le monde, ni vous comprendre vous-même.

    Le monde est une apparence parce qu’il est le jeu de ces contraires. Si vous vous dites : « Ici est mon monde », alors forcément vous êtes cette innocence qui va toucher l’ombre et la lumière et plus personne ne peut vous sauver, que vous-mêmes. Aucun Dieu ne peut venir vous chercher parce que vous êtes Dieu vous-même. Donc aucun autre n’aura la supériorité sur vous pour venir vous aider et vous obliger à ne plus croire et à sortir de là. C’est le libre arbitre.
    Réfléchissez encore à cette notion.

    Pourquoi es-tu libre ?

    Dieu s’est-il dit : « À ces petits hommes, puisqu’ils sont faits à ma ressemblance, je vais leur donner la liberté, et voyons ce qu’ils vont en faire. Mais je suis sûr qu’avec le sexe, la bouche, le goût, l’appétit, je suis sûr qu’avec les oreilles, avec leurs sens tactiles, ils n’arriveront jamais à être parfaits ».

    Si tu imagines que la liberté t’a été donnée comme un piège, tu es obligé de penser à Dieu de cette façon-là. C’est la pure logique.

    Tu es libre parce que tu es Dieu. Tu n’es pas libre afin que tu fasses tes preuves face à Dieu. Tu es libre parce que tu es Dieu, tout simplement.
    Tu vois on y revient toujours. Tu es éternel, parce que tu es Dieu.
    Comment Dieu pourrait-il avoir une autorité sur lui-même ?
    S’il est Dieu, il se connaît et il est sa propre autorité.


    Si l’on imaginait un Dieu puis une autorité, c’est comme si vous vous imaginiez vous lever le matin en étant une personne, puis, à votre travail vous vous amusez à être une autre personne, et vous avez un malin plaisir à faire tout le contraire de ce que vous avez prévu de faire le matin en vous levant. Être masochiste, c’est votre joie. Mais comme il se trouve que vous êtes le seul à être les deux personnes, le disciple et le chef d’entreprise, sur qui le disciple va-t-il taper ? Sur lui-même. Un jeu stupide, n’est-ce pas ?

    C’est le jeu auquel les hommes jouent tout le temps, sans arrêt, tout au long de leur journée. J’ai envie de ceci, c’est mal mais j’y vais quand même, et je m’en veux et ça fait mal.

    Alors le disciple ne comprend pas, et il a raison. S’il est Dieu, s’il est libre, pourquoi n’a-t-il pas le droit de se saouler, de se droguer, de se goinfrer sans que cela ne lui fasse mal ? Comment se fait-il que ce soit contraire à l’état de la divinité ?

    Tout ce qui est un empêchement à l’épanouissement de Dieu, devient par là même une chose contraire à Dieu et pas parce que la chose est mauvaise en elle-même, mais parce que pour pratiquer la chose, l’entité est obligée de devenir l’inverse de sa divinité.

    Donc le problème n’est pas dans l’existence du bien et du mal. Le problème est dans le fait que pour exercer le bien ou le mal, l’homme va devoir se réduire au bien ou au mal. Car le bien et le mal sont des mesures, pas des états. Donc, pour exercer ces deux choses, il va lui falloir se réduire. Qui dit réduction, dit réduction de sa divinité.

    Alors une bonne fois pour toutes, vous voulez être Dieu ?
    Et bien soyez Dieu.
    Comment être Dieu ?


    C’est une chose simple, nous venons d’en parler. Quand vous êtes en train de boire pensez que c’est Dieu qui boit et si la boisson est mauvaise, automatiquement vous allez éloigner la boisson de votre bouche. S’il s’agit de faire la fête entre d’autres Dieux, alors vous pouvez boire, mais buvez au nom de la divinité, plus au nom de votre plaisir ou de votre attachement. Faites de cet instant, faites de cette boisson une hostie de partage.

    Ce qui fait, que même si vous buvez un mauvais alcool ou de la ciguë, rien ne sera entamé, ni votre santé, ni vos vibrations. De tout, faites une hostie que vous partagez avec les autres, avec votre propre Dieu intérieur ou avec le grand mouvement de vie qui est à l’extérieur de vous, que vous louez et que vous remerciez pour le phénomène extraordinaire qu’elle crée.

    C’est quand vous séparez la vie de la forme que vous créez la mort. Donc c’est lorsque vous mangez un fruit, en pensant qu’il n’est qu’un fruit, que ce fruit n’est plus une nourriture, qu’il peut encrasser votre corps et vous détruire s’il n’est pas bon. Si par contre vous mettez toujours de la vie dans la forme, donc Dieu partout, alors tout devient hostie, que vous avaliez un caillou, une cuisse de poulet, une tranche de pain, ou quoi que ce soit d’autre, et à partir de ce moment-là, vous pouvez tout manger, parce que vous ne détruisez rien. Vous transformez la vie, c’est complètement différent. Vous libérez une vie de sa forme et vous lui permettez d’aller vers une autre forme.

    On parle souvent de l’abomination de tuer et de manger l’animal. Celui dont l’esprit est encore archaïque se dit :
    « Il ne faut pas tuer l’animal, le lapin dans sa belle fourrure. Il ne faut pas tuer le mouton qui est si gentil et qui n’a rien fait à l’humanité. Il ne faut pas tuer le cochon inoffensif lui aussi. C’est très mal de tuer les animaux et encore plus mauvais de les manger. »

    Il vaut mieux, bien sûr, pour l’évolution du monde, penser comme cela que de ne pas penser du tout. C’est certain. Mais si vous voulez penser juste, il faut penser que tout est nourriture, l’animal comme la fleur, comme les légumes, comme les céréales, comme tout ce qui vit sur la terre. Et vous ne pouvez pas imaginer le nombre de choses que vous tuez afin de survivre, parce que ce sont des choses invisibles.

    Quand vous arrachez un poireau, vous savez que vous le tuez, quand vous tuez un lapin vous savez que vous tuez parce que ce sont des éléments qui se voient. Mais quand vous respirez l’air, qui est déjà un petit peu plus subtil, est-ce que vous avez l’impression de tuer une entité ? Non. Et pourtant dans vos poumons il se passe exactement la même transformation que dans un cœur nucléaire. Vous cassez les molécules et vous les transformez en éléments de vie.

    Ce qui fait que dans votre corps, dans votre sang, ne circulent pas que l’oxygène et d’autres éléments. Il circule une substance qui est complètement différente, qui est l’énergie de l’oxygène, l’énergie de ces autres gaz qui accompagnent l’oxygène. C’est comme cela que l’air que vous respirez se transforme en ce que vous appelez le prana.

    Vous êtes vous demandés ce qu’est le prana ?
    Le prana n’existe pas. Le prana ce n’est pas quelque chose qui vient de quelque part. C’est l’homme qui crée le prana.

    Quand vous respirez, quand vous prenez des forces, sachez que non seulement vous prenez la substance des éléments dans l’air que vous respirez, mais en plus, vous cassez la forme de l’élément, tel qu’il se présente à vous, pour en tirer l’énergie. Tout s’incarne. Lorsque l’énergie du soleil veut venir vers vous, elle est obligée de s’incarner dans les molécules, en l’occurrence dans l’air que vous respirez, même si son destin est d’être du prana.
    C’est à vous de casser la forme pour obtenir le prana.

    L’homme tue tout à chaque instant, que ce soit pour respirer, pour boire de l’eau, absorber des aliments. Il tue tout.

    Êtes-vous en souci quand vous respirez ? Non.
    Avez-vous l’impression de tuer quelque chose ? Non.
    Vous pouvez me dire, que briser une molécule n’est pas pareil que tuer un agneau.
    Alors je vous le dis, c’est la même chose. Tuer une molécule ou tuer un groupe de millions de molécules qui composent un agneau c’est tuer la molécule. Tuer un agneau, c’est briser des molécules, c’est tout. Que ces molécules s’amusent à être un agneau, c’est une chose qui ne rentre pas en ligne de compte dans le jugement, car la base de la vie, ce n’est pas l’agneau, c’est la molécule.

    Donc, si l’homme pour vivre est sans cesse en train de tuer quelque chose, c’est que la mort fait partie de la vie et que peut-être, la mort, ce n’est pas la mort et qu’il n’y a rien qui meurt.

    Tout passe simplement d’une forme à une autre. Tout subit des incarnations différentes et pendant le laps de temps où une chose est incarnée d’une façon spécifique, si elle peut servir au maintien d’une autre vie, alors sa forme est utilisée pour le maintien de cette autre vie.

    Comme c’est beau. Ça, c’est de l’amour. Ha oui ! C’est un amour plus grand que l’amour du Christ ou que l’amour de tous les Dieux que l’on pourrait imaginer, car Dieu, lui, il n’a pas l’air d’être ici, alors que l’agneau qui se sacrifie pour moi, lui, il est là, il se donne.

    Mais quand je sais que c’est Dieu qui est à travers toutes ces choses, je vois là, partout, le geste d’amour, d’amour de Dieu. Je ne me sens pas seul et je ne peux plus me sentir malade, je ne suis pas malade.

    Comment est-ce que je pourrais être malade si je respire la divinité qui est dans l’air. Et quand je me nourris, il me suffit de savoir que sous la forme de l’agneau, c’est la forme de Dieu que je mange et dans la forme de Dieu, l’esprit de Dieu. Toute la vie devient une messe.
    Qui vous a dit que vous deviez aller à la messe tous les dimanches ? Personne, en tout cas pas Dieu.
    C’est l’homme qui met toujours des barrières. Toute la vie est une messe et toute la vie est un rituel. Si tu as les yeux pour voir la messe à chaque instant et être toi-même le prêtre de la vie, pourquoi attendre qu’un autre soit ton prêtre, ton curé, ton Maître, ton Dieu.
    Tu es ton propre prêtre, le prêtre de la vie et quand un prêtre fait la messe, il te donne la vie, il partage la vie.
    Parce qu’ayant touché les ombres, tu es devenu la mort.

    C’est pourquoi Jésus a dit :
    « Laisse les morts enterrer les morts. »


    Alors je te le dis : « Il n’y a pas plus d’importance à la pleine lune du Wesak, qu’à la lune des haricots ou des pois chiches. »

    Si tu es un haricot ou un pois chiche, toute pleine lune du Wesak sera pour toi, de toute façon, la pleine lune des haricots. Parce que c’est ta pleine lune, à toi.

    C’est bien que tu t’intéresses à toutes ces choses-là, c’est bien que tu commences à y penser. Je favorise ces choses, mais en même temps que je dis que cela existe, pour que ce soit juste et vrai, je dois te dire que tout cela n’existe pas. Et non pas parce que la chose n’existe pas, mais parce que sitôt que je te dis la vérité, l’interprétation que tu en fais est fausse. Dès que je te dévoile la vérité, tu la voiles de nouveau. Arrête. À quoi cela sert-il que je la dévoile. Ne pense plus. N’interprète plus, ne projette plus. Regarde tel que je te le dis. Sois comme l’enfant, simple d’esprit.

    Cette pleine lune est ta pleine lune.
    Pourquoi n’est-elle pas la pleine lune du Bouddha, ou de qui que ce soit d’autre ?


    C’est la tienne parce que tu es Bouddha. Personne d’autre ne l’est à ta place.
    Si au bout de la pleine lune il y a un être magnifique que l’on appelle Bouddha, lui-même ne vit pas cette pleine lune comme étant l’aboutissement de la pleine lune. Il ne veut pas que votre méditation soit faite pour le joindre, pour le toucher, pour le voir, pour le sentir ou pour entrer en communion avec lui. Il veut que vous vous mettiez en méditation à ce moment-là, parce que c’est comme cela qu’il arrivera à vous faire comprendre que vous êtes Bouddha, que vous êtes de la même essence. C’est le jour qu’il a choisi parce que les axes planétaires le permettent. C’est le jour qu’il a choisi non pas pour s’offrir à vous, mais pour que vous, vous vous rendiez disponibles à vous-même.

    Croyez à ces moments car ce sont des moments vibratoires qui existent, mais utilisez-les intelligemment pour être utiles aux autres. Ça oui c’est du travail. Mais ne commencez pas à imaginer que là, il y a comme une échelle que Bouddha, en passant, vous envoie.

    Les grands êtres ne viennent pas sur terre ou à proximité de la terre pour que vous les regardiez. Les grands êtres viennent comme des miroirs pour être la révélation de ce que vous êtes.

    C’est ce qui fondamentalement caractérise le Maître, et c’est ce qui fondamentalement renie l’existence du Maître. Parce qu’un Maître ne se dit pas un Maître. Un Maître ne prétend pas être un Maître. Il connaît trop la vérité pour pouvoir jouer avec ces mots-là. Le Maître sait qu’il est tout simplement arrivé à l’instant de sa vie où il sait ce qu’il est. Maintenant que vous appeliez cela un Maître, c’est votre affaire, mais ce n’est pas la nôtre.

    Si donc nous sommes des Maîtres, vous en êtes aussi. Il n’y a pas de demi-mesure. Ou tout est Dieu ou rien n’est Dieu. Il ne peut pas y avoir un Dieu en haut, un homme en bas et un Maître au milieu qui essaie de faire la jonction. Et pour rendre la chose un peu plus romantique, peignons, par-ci, par-là, des petits anges qui apportent le courrier à la Vierge Marie.

    Voyez les choses avec cet absolu qui caractérise la vérité, et vous n’avez pas besoin d’être des initiés pour voir avec absolu. Vous devez simplement vous méfier de votre mental, de vos interprétations, de tous ces reflets d’ombre et de lumière sur le mur de votre mental et de vos rêves. C’est de cela qu’il faut prendre garde. Ce n’est pas de savoir ce que vous devez faire pour évoluer, vous devez savoir ce que vous ne devez plus faire pour être Dieu, c’est complètement différent, et ça, c’est beaucoup plus difficile que de faire quelque chose.

    Parce que l’homme prisonnier de la matière, devient une véritable machine à fabriquer, fabriquer des idées, des actions, des réactions, des comportements. Alors, lorsque par hasard sur la voie il devient disciple il se dit :
    « Le disciple, il faut que je le fabrique. Alors je vais méditer, je vais répéter des incantations, des invocations, des mantras. Je vais cultiver des qualités. Puisque je fais quelque chose, je serai Dieu. »
    C’est faux.

    Il n’y a rien que vous deviez faire pour être Dieu. Par contre il y a de nombreuses choses que vous ne devez plus faire. C’est ce que je vous propose ici et maintenant, cessez les efforts. Le blanc n’est pas meilleur que le noir, et le noir n’est pas mauvais par rapport au blanc. Le noir et le blanc sont de pauvres êtres prisonniers de leur folie. Pour ne plus être fou soyez un, soyez réel, soyez le prêtre de la vie.

    Je vous propose la solution de la facilité. Il y a tellement de voies difficiles, on doit faire ceci, on doit faire cela. Ce n’est pas inutile si l’on fait ces choses en sachant que l’on n'a pas véritablement besoin de les faire. Et ce n’est en tout cas pas la divinité qui doit les faire, mais la forme seule.

    La conscience, elle, n’a rien à faire. Elle est Dieu. Par contre, la forme devra faire certains exercices pour être l’Autel, le Temple de Dieu. Ça, oui. Et si vous comprenez les choses de cette façon-là, dès demain vous pouvez être ce rayonnement et trouver la force de faire vos ascèses, de changer ce qui ne va pas en vous. Souriez aux ombres et aux lumières. Souriez et trouvez la liberté. Sourire, c’est commencer à être libre, je vous le dis. Et puisque je parle tant de liberté je vais vous la rendre.

    Sachez qu’en moi il n’y a pas simplement la disponibilité du cœur, mais il y a aussi toute l’éternité qui vous ressemble et qui vous rassemble. Je suis en vous et vous êtes en moi.

    En même temps que vous devenez extrêmement individuel, que vous pouvez dire “Je”, prendre vos propres décisions sans être influencé par le collectif, par la mode, c’est à ce moment-là que vous basculez complètement dans l’universel.

    Il y a donc, la vie divine, la vôtre, la mienne, la nôtre, qui va de la collectivité à l’universalité. Et entre-temps, il y a un petit moment qui s’appelle l’individualité. C’est vous, c’est moi, ce que j’ai pu être. Mais vous n’avez pas à en rester là. D’ailleurs vous ne le pouvez pas. Vous allez du collectif à l’universel. C’est le serpent qui mord sa queue. C’est le cercle qui se ferme.


    Je vous souhaite d’être heureux. Je vous souhaite non pas de comprendre tout ce que je vous ai dit, je ne prétends pas parler pour être compris, je ne prétends même pas vous apporter quelque chose. Simplement si en vous quelque chose s’interroge un jour et que vous n’ayez pas la réponse dans un livre ou de la bouche d’un proche, essayez de repenser à ce que je vous ai dit, considérez ce que je vous ai dit, voyez-en tous les aspects et si cela vous semble une libération, alors vous pourrez y croire.


    La liberté a cela de beau, c’est qu’elle ne s’impose à personne parce qu’elle est la liberté et, qu’avant tout, elle respecte celui qui se veut et se croit prisonnier.


    Je vous salue.
     
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